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Denis PICAULT
26 septembre 2026
Voyage en Islande 2026

Voyage en Islande 2026

Par un vol régulier ICELANDAIR le 8 juin 2026, l'avion touche encore à peine le sol que déjà le décor s'annonce différent de tout ce qu'on connaît. Passé les portes frontières de l'aéroport de Keflavik, direction Reykjavik, la route traverse la péninsule fissurée de Reykjanes, divisée par le rift entre les plaques nord-américaine et européenne, déjà la magie opère avec un temps sombre et tempétueux qui accentue ce mystérieux environnement !! ça promet.

À perte de vue, un paysage lunaire : des champs de lave figée, noirs et bosselés, recouverts par endroits d'une mousse vert-jaune presque irréelle. Pas un arbre, pas une habitation, juste cette étendue minérale balayée par le vent. Et puis, çà et là, des filets de vapeur blanche qui s'échappent du sol : des fumerolles, témoins silencieux de toute l'énergie géothermique qui bouillonne sous nos pieds. On sent immédiatement qu'on a posé le pied sur une terre vivante, façonnée par le feu autant que par la glace. L'odeur soufrée qui flotte parfois dans l'air, portée par le vent, achève de planter le décor : ici, la planète respire encore à l'air libre.

Sans perdre de temps, Franck notre guide débute la visite de cette capitale, par un arrêt emblématique pour les islandais au bord de la mer : Sun Voyager (Sólfar en islandais). C’est une sculpture en acier inoxydable en forme de bateau viking stylisé, posée face à la baie. Elle a été créée par Jón Gunnar Árnason et inaugurée en 1990 — l'artiste voulait qu'elle évoque une "ode au soleil", une promesse de territoires inexplorés et d'espoir, plutôt qu'une simple référence viking. Avec la mer et le mont Esja enneigé en arrière-plan, c'est d’une rare beauté, un lieu photogénique à toute heure, mais particulièrement magique au coucher du soleil.

Sur le même quai un peu plus loin, le Harpa est un contraste architectural saisissant : cette salle de concert et centre de conférences, ouverte en 2011, est habillée d'une façade de verre coloré en nid d'abeille, conçue par l'artiste danois-islandais Olafur Eliasson en collaboration avec Henning Larsen Architects. Le jeu de lumière change selon l'heure et la météo, les façades captent et reflètent la ville et le ciel islandais, un peu comme une orgue de lumière. C'est devenu un des symboles de Reykjavik, notamment parce qu'il a été achevé après la crise financière de 2008, comme un signe de résilience

Direction ensuite l’hôtel, par un trajet qui longe la fameuse rue Austurstræti. Le guide en profite pour commenter cette artère emblématique du centre-ville, bordée de plusieurs monuments historiques, dont l'Alþingi, le Parlement islandais — l'un des plus anciens parlements au monde. Une manière vivante de plonger dans l'histoire de Reykjavik avant même d'avoir posé ses valises. Une fois tous installés, nous dînons dans un restaurant tout proche, un excellent poisson et ce fameux fromage blanc maigre le skyr !! c’est prometteur.

JOUR 2 : Départ pour le Vesturland.

Après le petit-déjeuner à Reykjavik, cap vers le nord-ouest de l'Islande, la route longe les rivages de ce long Fjord Hvalfjörður puis s’engouffre dans un long tunnel sous-marin, qui nous évite un trop long détour par la côte. Le paysage y est spectaculaire : eaux calmes, montagnes abruptes plongeant dans le fjord, et une atmosphère très paisible qui contraste avec l'agitation de Reykjavik. A l’arrivée à Reykholt, nous visitons le centre Snorrastofa, petit musée qui retrace la vie de Snorri Sturluson, l'auteur médiéval islandais à qui l'on doit la transcription des grandes sagas nordiques et de l'Edda. Terre de trolls et de sorciers, c'est un lieu chargé d'histoire littéraire plus qu'un site spectaculaire. Dans cette région isolée un déjeuner buffet nous est servi en bord d’une rivière, avant de nous rendre à Deildartunguhver. La source thermale la plus puissante d'Europe (souvent présentée comme la plus grande d'Islande), avec un débit impressionnant d'eau jaillissant à environ 100°C. D'immenses volutes de vapeur s'élèvent du sol, créant une ambiance presque irréelle. Cette source alimente en eau chaude plusieurs villes de la région, dont Borgarnes via l'une des plus longues canalisations d'eau chaude du pays. Nous terminons la journée par 2 cascades voisines mais très différentes : Hraunfossar ("cascades de lave") c’est une série de multiples petites cascades qui s'écoulent doucement à travers un champ de lave poreux sur plusieurs centaines de mètres, l'eau semblant littéralement sourdre de la roche et Barnafossar ("cascades des enfants"), juste à côté, est plus impétueuse : l'eau de la rivière Hvítá s'y engouffre avec force entre des blocs de lave.

Arrivée en fin de journée à Borgarnes, dans la petite ville portuaire au bord du fjord de Borgarfjörður. Pot de bienvenue, dîner et nuit à l'hôtel.

Jour 3 : Une journée d’exploration sur la péninsule de Snæfellsnes.

Départ de Borgarnes sous un soleil éclatant, cap sur cette péninsule que l'on surnomme « l'Islande en miniature », tant elle concentre en une seule journée de route, la diversité des paysages islandais. Notre premier arrêt en pleine nature, se fait au pied de la célèbre montagne de Kirkjufell : « la montagne aux mille visages ». Sa silhouette conique, sculptée par le temps, se dresse fièrement au bord de l'eau et compte parmi les images les plus photographiées d'Islande. Un moment suspendu pour admirer ce sommet iconique et faire notre première photo de groupe, avant de reprendre la route.

Direction ensuite le petit port d'Ólafsvík pour le déjeuner, au restaurant Sker. Le poisson du jour, d'une fraîcheur remarquable, a fait l'unanimité — une halte savoureuse avant de repartir explorer la côte. La route qui suit ensuite serpente entre falaises et flots, offrant des panoramas à couper le souffle. Arrivée à Arnarstapi, petit village niché au pied du volcan-glacier Snæfellsjökull, dont la silhouette majestueuse domine tout le paysage environnant. Une balade sur le sentier côtier permet d'observer la faune et la flore locales : un vrai enchantement, entre falaises basaltiques, oiseaux marins et végétation rase battue par les vents.

Dernière étape avant le retour : les dunes de Búðir, où se dresse la petite église en bois, isolée au milieu du paysage désertique. Un lieu chargé de calme et de mystère, parfait point d'orgue à cette journée de découvertes. Le chemin du retour vers l'hôtel de Borgarnes se fait la tête pleine d'images : montagnes iconiques, saveurs marines, sentiers sauvages et petite église solitaire — la péninsule de Snæfellsnes aura tenu toutes ses promesses en une seule journée. Avant le dîner, un groupe folklorique nous présente costumes et danses traditionnels, moment de partage sympathique pour nous mettre en appétit.

Jour 4 : le Parc national de Thingvellir et ses 3 sites emblématiques.

Le premier arrêt à Thingvellir est à la fois un lieu fondateur pour la nation islandaise et un joyau géologique. C'est ici, en l'an 930, que fut établi l'Althing, le tout premier parlement d'Islande — considéré comme l'un des plus anciens parlements du monde, berceau de la démocratie islandaise. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, Thingvellir est aussi remarquable pour sa géologie spectaculaire : le site se trouve exactement sur la ligne de rencontre des plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine, et l'on peut y observer à ciel ouvert la faille creusée par leur écartement progressif. Le parcours offre également une vue sur le lac Thingvallavatn, le plus grand lac naturel d'Islande, avec en toile de fond la silhouette imposante du volcan bouclier Skjalbreidur.

Ensuite nous partons pour Laugarvatn pour une Dégustation géothermique, étape culturelle et gustative autour du pain de lave (rúgbrauð), une spécialité islandaise cuite traditionnellement dans le sol grâce à la chaleur géothermique naturelle de la région. La présentation retrace l'histoire et la technique ancestrale de cette cuisson peu banale, suivie d'une dégustation du pain accompagné d'une tranche de truite fumée. Un encas bien apprécié.

La pause repas est prévue sur le Site des geysers (Geysir) : un buffet privatisé qui va encore bien nous surprendre et nous régaler. Nous parcourons ensuite la zone géothermique où se trouve le Strokkur, le geyser le plus actif du site : il projette une colonne d'eau chaude d'environ 20 mètres de hauteur toutes les 7 à 10 minutes, offrant un spectacle très prévisible et photogénique. Tout autour, le champ géothermique regorge d'autres phénomènes naturels — sources d'eau chaude, mares de boue bouillonnante, dépôts de soufre à l'état pur — qui témoignent de l'intense activité volcanique souterraine de la région. Nous reprenons le bus jusqu’à Gullfoss « la chute d’or » cascade mythique qui est l'une des plus visitées d'Islande. L'eau se précipite sur deux paliers successifs avant de s'engouffrer dans un canyon de basalte de 70 mètres de profondeur, pour une chute totale d'environ 32 mètres. Une promenade aménagée permet de profiter du site sous plusieurs perspectives, vue plongeante impressionnante ou approche au plus près des embruns.

Un bain est prévu dans les sources géothermales chaudes du « Secret Lagoon », alternative plus intimiste et moins fréquentée que le célèbre Blue Lagoon. Une pause baignade fortement appréciée dans la bonne humeur, après une journée bien remplie et avant notre arrivée à l'hôtel à Hvolsvollur.

Jour 5 : La côte sud jusqu’à VIK

Notre journée commence par la visite du Centre des volcans tout proche de notre hôtel : le LAVA CENTER. Ce musée interactif retrace la formation géologique de l'Islande et son intense activité volcanique. On y trouve des expositions immersives (simulateur de tremblement de terre, maquettes des systèmes volcaniques islandais) ainsi qu'une projection de courte durée sur les grandes éruptions historiques, dont celle de l'Eyjafjallajökull en 2010. Un bon point de départ pour comprendre le paysage que nous allons traverser ensuite pour nous rendre jusqu’à la chute de Skógafoss. L'une des cascades les plus spectaculaires d'Islande : environ 60 m de haut pour 25 m de large, sur l'ancienne ligne de côte, un escalier permet de grimper jusqu'au sommet pour une vue plongeante sur la plaine côtière. Nous déjeunons dans le restaurant au pied de la chute, puis repartons cap au sud jusqu'à Dyrhólaey.

Stop obligatoire pour observer la mer déchainée se jeter sur les rochers de la plage de Reynisfjara, une plage de galets et de sable noir bordée de spectaculaires orgues basaltiques. Ce site magnifique réputé pour ses vagues sournoises et ses célèbres rochers Reynisdrangar qui émergent de la mer, ont été le décor de nombreuses scènes de la série Games of Thrones et ont surtout comblé les photographes amateurs que nous sommes.

Fin de journée libre pour les achats au petit village de Vík, le plus au sud de l'Islande, avant de nous installer dans un super hôtel pour la nuit et le dîner.

Jour 6 : le lac glaciaire de Jökulsárlón et le Parc national de Skaftafell

C’est aujourd’hui un long trajet en bus qui nous attend car le lac est à environ 200Km, mais heureusement le beau temps perdure et nous allons pouvoir contempler de splendides panoramas sur les glaciers du centre de l’île. Un arrêt s’impose à mi-chemin, dans le champ de lave D’Eldhraun. C'est le résultat de l'éruption du Lakagigar, un alignement de 135 cratères sur 25 kilomètres, dont le plus connu est le Laki, qui a duré plusieurs mois en 1783-1784 — l'une des plus grandes éruptions de l'histoire. Ce sont des champs de mousses vertes recouvrant la lave noire, ici un tapis de 40 à 60 cm formant un écosystème fragile qu'il ne faut surtout pas piétiner.

Selon l’humidité et la lumière, la mousse prend des teintes allant du vert vif au jaune doré, jusqu'au bronze en fin d'été. Comme la coulée a presque 250 ans, la végétation a eu le temps de recoloniser la roche, et des arbres ont même poussé au milieu.

Arrivé à destination, pause déjeuner dans un restaurant/bar au bord du lagon de Fjallsárlón, avec vue directe sur le glacier et les icebergs flottants — un cadre assez saisissant qui promet pour la suite, le Lac glaciaire de Jökulsárlón. Effectivement par ce temps calme où alterne soleil et nuages sombres, le lieu se dévoile sous un angle magique. Ce lagon glaciaire, alimenté par le glacier Breiðamerkurjökull (le plus grand glacier d'Europe), est un spectacle saisissant d'icebergs à la dérive détachés d’un large front glaciaire. Notre groupe se sépare sur deux embarcations amphibies, pour faire un tour au milieu des blocs de glace millénaires — l'occasion de s'approcher au plus près des icebergs et d'observer leurs magnifiques teintes bleutées qui varient avec la lumière. Un temps suspendu au milieu de nulle part.

Sur le chemin du retour, halte dans cette partie du Parc national de Skaftafell pour une longue balade en approche du glacier Vatnajökull —un sentier agréable où certains d’entre-nous pourrons herboriser. Retour à l'hôtel Dyrhólaey à Vik, où l’on se retrouve tous avant le dîner, pour un apéritif offert par l‘ANPR.

JOUR 7 : retour sur Reykjavik.

Notre premier arrêt le haras Skálakót, halte équestre typique offrant l'occasion d'observer les célèbres chevaux islandais, réputés pour leur allure unique (le tölt) et leur origine préservée depuis l'époque des Vikings. Nous avons adoré cet instant de partage avec ces adorables chevaux en liberté.

Puis stop aux Chutes de Seljalandsfoss, une des cascades les plus emblématiques d'Islande, et pour cause : elle offre une expérience unique parmi les chutes du pays. L'eau, issue de la rivière Seljalandsá qui prend sa source sous le glacier volcanique Eyjafjallajökull (celui-là même dont l'éruption en 2010 avait paralysé le trafic aérien européen), plonge d'une hauteur d'environ 60 mètres depuis une ancienne falaise côtière — un vestige du temps où la ligne de côte islandaise se trouvait bien plus à l'intérieur des terres qu'aujourd'hui. Ce qui rend cette chute si particulière, c'est la présence d'une cavité derrière le rideau d'eau : un sentier permet de contourner entièrement la cascade et de passer littéralement derrière le voile liquide, offrant un point de vue à 360° tout à fait rare pour ce type de site naturel.

Vue de face, la chute se déverse avec régularité dans un petit bassin entouré d'une prairie verdoyante, créant un contraste saisissant avec la falaise sombre et abrupte qui l'encadre.

Sur notre chemin, le déjeuner est servi dans un charmant hôtel aux environs de la capitale proche d’un Centre commercial qui a la particularité d’être construit sur la faille tectonique. La fracture entre les plaques eurasienne et nord-américaine traverse littéralement le bâtiment, elle est visible sous une vitre ou un aménagement au sol — un clin d'œil frappant à la géologie islandaise en plein décor de consommation moderne.

Avant notre installation au Fosshotel Lind en plein centre de Reykjavik, le chauffeur du bus nous fait une brève visite panoramique de la ville, cela permet ainsi d’anticiper nos repérages, car nous avons temps libre jusqu’au dîner.

Elle est la capitale la plus septentrionale du monde, de taille humaine (moins de 150 000 habitants), on prend plaisir à flâner dans ses rues où le charme opère tout de suite. La ville, malgré un développement tardif au XIXe siècle, est posée entre mer et montagnes, mêlant maisons colorées, architecture design en plus l’énergie est 100% géothermique ou hydroélectrique.

Parmi les spots les plus emblématiques à voir, reste : la cathédrale Hallgrímskirkja et son quartier coloré ---église emblématique en béton dont la flèche évoque les coulées de lave, point de repère visible de toute la ville, le vieux port — cœur historique de la pêche islandaise, aujourd'hui reconverti en quartier animé (restaurants, départs pour excursions baleines), la longue rue commerçante piétonne de laugavegur où s’alignent de nombreuses boutiques et cafés en tout genre, et de nombreux musées.

Elle mérite son classement récent dans « les villes à voir et à vivre », et commence à connaître l’été, le néfaste surtourisme.

Nous dînons dans une brasserie typique du quartier, dans l’ensemble la restauration a été à la hauteur de nos attentes, bien appréciée.

Jour 8 : Retour sur PARIS.

Petit déjeuner à l’hôtel, puis départ pour l’aéroport de Keflavik, notre vol de retour est prévu pour 10H50 avec une arrivée à Roissy CDG à 16H15.

Un peuple modèle fier de ses origines et de son histoire, l’Islande demeure unie, courageuse et novatrice, un modèle de société qui a trouvé le juste équilibre entre protection et exploitation de ses merveilles naturelles, nous l’avons bien ressenti et elle mérite son classement mondial des pays où il fait bon vivre et l’un des plus sûr de la planète. Certes la nature est belle, nous avons été conquis par tant de beautés, une géologie unique et généreuse, et en ce mois de juin nous n’avons jamais vu un paysage aussi fleuri, des champs de lupin d’Alaska à perte de vue. Un voyage au pays du feu, de l’eau (la plus pure du monde), de la glace et du « soleil de minuit », qui a tenu toutes ses promesses, nos photos l’attestent.

Merci à tout le groupe pour sa bienveillance et son énergie positive qui nous a permis un partage dans la bonne humeur.

Denis PICAULT.

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