Edito du président septembre 2026
LOI SUR LA FIN DE VIE : Une reconnaissance souhaitée et reconnue de la conscience du pharmacien.
Chères Adhérentes, Chers Adhérents, Chers amis,
La loi N° 2026-794 du 18 août 2026, relative au droit à l’aide à mourir, au-delà des débats philosophiques, éthiques ou politiques qu’elle suscite, interroge sur la place et la responsabilité des professionnels de santé. Parmi ceux-ci, les pharmaciens occupent une position clé dans les dispositions de cette loi. Ils participent, en effet, à la préparation et à la délivrance d’une substance destinée à donner la mort, mais ne peuvent s’y opposer en invoquant leur clause de conscience.
Les instances professionnelles, (Ordre, Syndicats), ainsi que le Conseil d’État, dans son avis du 4 avril 2024, considèrent le pharmacien hospitalier ou officinal comme un simple exécutant d’une procédure initiée, édictée et mise en œuvre par d’autres professionnels de santé : médecins, personnels infirmiers, aides-soignants, qui, eux, dans les termes actuels de la loi, peuvent invoquer leur clause de conscience et se retirer de la procédure d’euthanasie.
L’ANPR, profondément choquée par l’attitude de ces instances, s’est mobilisée auprès des Présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée Nationale, des députés non-inscrits, du Président du Sénat, des Sénateurs, des rapporteurs des commissions des affaires sociales du Sénat et de l’Assemblée Nationale, … pour leur demander d’assurer la cohérence des dispositions de cette loi, en accordant une clause de conscience au pharmacien comme elle a été accordée aux autres professionnels de santé.
Pourtant, au fil des débats parlementaires, la situation des pharmaciens est demeurée incertaine.
La décision du Conseil Constitutionnel du 14 août 2026 a apporté une réponse claire : sans remettre en cause la loi ni le droit nouvellement créé, les Sages ont considéré que les pharmaciens ne pouvaient être contraints de participer à la préparation ou à la dispensation de la substance létale, reconnaissant ainsi pleinement leur rôle de professionnel de santé et leur liberté de conscience.
Pour les pharmaciens, cette reconnaissance possède une portée symbolique forte. Le Conseil Constitutionnel confirme que le pharmacien demeure un professionnel de santé à part entière, porteur de responsabilités, mais aussi de convictions et de conscience.
L’enjeu, aujourd’hui, n’est pas celui de l’affrontement des positions. Il est celui du respect mutuel. Respect des patients confrontés à des souffrances extrêmes, respect des professionnels qui accepteront de participer à la procédure d’euthanasie, respect aussi et surtout de ceux qui, en conscience, choisiront de ne pas y prendre part.
Cette décision mérite d’être saluée. Elle ne traduit ni une opposition à la loi, ni un jugement sur les choix personnels des patients. Elle rappelle simplement qu’une société démocratique doit être capable de concilier plusieurs libertés fondamentales : celles du patient et celles du professionnel de santé.
L’ANPR est fière d’avoir participé à ce débat et restera vigilante sur les termes des décrets d’application.
À bientôt, avec toutes mes amitiés,
Claude LE RESTE
Président
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