Jean-Étienne MARTINEAU - pharmacien, syndicaliste, sapeur pompier et auteur
En parallèle des trente-trois ans passés derrière le comptoir de son officine limougeaude, Jean-Étienne Martineau aura mené une carrière syndicale de premier plan, revêtu l'uniforme de lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers, et signé plusieurs ouvrages qui font aujourd'hui autorité dans leur domaine. La carrière de ce pharmacien retraité de la Haute-Vienne tient difficilement dans une seule case.
Des études de pharmacie à l'officine :
Rien ne prédestinait Jean-Étienne Martineau à la pharmacie. Pas de tradition familiale dans ce domaine , c'est au contact d'amis de ses parents, pharmaciens eux-mêmes, que la vocation se forge. Entre 1968 et 1972, il suit ses études à la faculté de pharmacie de Limoges, d'abord en section biologie, avant de se réorienter vers la filière officinale. En 1974, il ouvre sa pharmacie dans un centre commercial au cœur d'un quartier populaire de Limoges où il y exercera trente-trois ans, jusqu'en 2007.
Un engagement syndical de longue date :
Dès ses premières années d'exercice, l'idée de participer à l'évolution de la profession l'attire vers le syndicalisme. En 1981, il prend la présidence du syndicat FSPF de la Haute-Vienne dans un contexte délicat : la région est fortement mutualiste. Il faut alors négocier pied à pied avec les mutuelles pour maintenir la clientèle, notamment par la mise en place de systèmes de délégations de paiement. Il rejoint le syndicat régional Centre-Ouest avant d'intégrer le bureau national de la FSPF en tant que Secrétaire général, aux côtés du Président Bernard CAPDEVILLE
Sapeur-pompier : une passion d'enfance en uniforme :
L'attirance pour les sapeurs pompiers remonte à l'enfance, au temps où Jean-Étienne Martineau habitait à proximité d'une caserne parisienne. Enfant, , il est fasciné par le spectacle des engins qui sortent en trombe pres de chez lui. Mais c'est à la fin des années 1950, que la fascination se mue en passion durable. Face aux grands incendies de forêts méditerranéens, il observe les colonnes de camions qui montent au feu comme à la bataille. D'abord les véhicules, puis les hommes à leur bord ( ceux qui risquent leur vie pour défendre la forêt). En 1986, le maire de Limoges lui propose un poste de pharmacien au sein du Corps des Sapeurs-Pompiers de la ville. Jean-Étienne Martineau accepte. Deux ou trois ans plus tard, il demande son transfert à la direction départementale, où il participe notamment à la création d'une pharmacie à usage interne. Il quitte le service en 2007 avec le grade de lieutenant-colonel.
Quatre ouvrages publiés :
En marge de ses activités professionnelles, Jean-Étienne Martineau a nourri une vie d'auteur. Le premier livre naît d'une rencontre fortuite : un certain André Horb cherche un correspondant pour écrire un ouvrage sur les véhicules des pompiers. Alors nait une amitié de plus de cinquante ans entre deux hommes que tout sépare . Un premier livre publié en 1977, Les Véhicules d'incendie en France,est considéré aujourd'hui comme la bible du genre avec près de 20 000 exemplaires vendus et quatre éditions. Un second ouvrage, 30 ans de véhicules d'incendie : du FIN à l'ATT, suivra dans la foulée. En 2012, il publie un troisième ouvrage : Feux de forêts : un siècle d'évolution des camions et des techniques d'intervention. Un livre richement illustré qui retrace plusieurs décennies de lutte contre les incendies, des massifs méditerranéens aux pinèdes landaises , cet ouvrage estle fruit d'une passion de soixante ans pour la lutte contre les incendies.
Jean-Étienne Martineau ne s'arrête toutefois pas aux engins de sapeurs-pompiers. Sa thèse de pharmacie, consacrée aux techniques contraceptives dans le monde occidental, éveille en lui un intérêt durable pour l'histoire de la médecine. L'idée du sujet lui avait été soufflée par le chef du service de gynécologie de Limoges lors d'un dîner. Deux années de lectures et de recherches aboutissent à la présentation de la thèse, puis à sa transformation des années plus tard en un essai de vulgarisation : Contraception : vingt siècles d'histoire, préfacé par l'ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
À plus de soixante-dix ans, Jean-Étienne Martineau n'a visiblement pas fini d'écrire. Il vient de tomber sur un ancien article qu'il avait écrit sur l'histoire de la syphilis — et le projet d'un nouvel ouvrage commence déjà à prendre forme. La retraite ne semble pas chez lui être synonyme de repos.
Gérard Montariol : du comptoir de la pharmacie à l'Atlantique en solitaire
Qui aurait pu prédire qu'un jeune étudiant en pharmacie, obligé de repasser son baccalauréat par...
Hommage à Roland Mehl brillant adhérent de l'ANPR
C'est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de Roland Melh, survenu le 27...
Madame Nicolleau : une pharmacienne engagée sur tous les fronts
Un parcours professionnel riche au service de la santéDiplômée de la faculté de pharmacie...